Un lieu incertain de Fred Vargas

Le récit de Fred Vargas s’inspire d’une histoire vraie de vampire serbe: celle de Peter Plogowitz exhumé en 1725 car les habitants de son village le soupçonnaient d’être un vampire.
Après avoir lu ce roman policier, il est possible que vous en oubliiez les multiples péripéties mais il vous restera en mémoire le spectacle éprouvant découvert à Londres par le commissaire Adamsberg et son adjoint Danglard: celui de ces 18 paires de vieilles chaussures pointées en direction du cimetière de Highgate et renfermant les pieds de leurs propriétaires…
Sans que les policiers aient la moindre idée de l’identité du possesseur de cet étalage ni de la raison pour laquelle les pieds des morts ont été séparés des corps et disposés là, dans leurs chaussures ( françaises ).
Pas étonnant qu’on ait fait de ce roman un téléfilm puis un film ( de Josée Dayan ).
Mais les policiers français de retour à Paris sont immédiatement embarqués dans une autre énigme: à Garches, un dénommé Vaudel a été assassiné; de plus, son corps a été écrasé, pulvérisé, disséminé, procédé qui laisse tout le monde pantois. et quelques jours plus tard, ils apprennent que le même scénario s’est produit près de Vienne, en Autriche.
Le lecteur se demande alors ce que le narrateur va faire de l’histoire de Highgate, ces meurtres paraissant en être très éloignés. Eh bien, détrompez-vous ! Ces deux histoires vont confluer,selon un procédé qui paraît assez courant dans les romans policiers; (voir mon compte-rendu du roman de Indridason ). Elles se rejoignent par le biais de la chaussure d’origine serbe que Danglard a reconnue devant le cimetière anglais comme étant celle de son oncle.
Adamsberg devra partir dans les Carpathes pour mener une enquête au cours de laquelle il vivra de nombreuses et dangereuses aventures. Au grand dam des habitants de Kiseljévo ( Serbie ) et à ses risques et périls, il ira dans ce  » lieu incertain  » où le vampire est enterré.

Ce livre m’a particulièrement plu à cause de sa richesse:
-par la place occupée par les langues: la victime de Garches a laissé une lettre en Allemand qui porte aussi des lettres cyrilliques, Danglard parle couramment Anglais, à Kiseljévo les gens s’adressent au commissaire en Serbe, et, sur la tombe du vampire, Adamsberg recopie ce qui est écrit en Cyrillique.
– par le rôle joué par le vampire: il est un bouc émissaire, on l’accuse de tous les maux qui accablent le village. On le déterre pour constater que : » ( son) corps était vermeil, le sang frais coulait de tous les orifices, la peau était neuve et tendue, les vieux ongles gisaient au fond de la tombe et on ne constata aucun signe de décomposition. On planta un pieu dans le corps qui fit entendre un hurlement effroyable. ( … ) On le décapita et on le brûla.  »
Mais même après lui avoir fait subir ce traitement, on craint encore son influence néfaste.

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