La terre et le ciel de Jacques Dorme de Andreï Makine

Le narrateur est un orphelin russe. Pris en charge par l’État, il passe toute sa jeunesse dans un pensionnat sous le régime communiste. Pour toute famille il a « Choura », amie de ses parents sans doute, qui , autrefois, s’est appelée Alexandra et qui venait de France pour un temps limité. Mais elle s’est mariée en Russie et y est restée une fois son mari disparu; elle vit maintenant dans une petite ville de Sibérie. Dès qu’il peut se libérer, le jeune homme se réfugie auprès de Choura qui lui apprend le Français et lui raconte ses souvenirs.
C’est à travers les souvenirs de cette Française qu’il fait la connaissance de Jacques Dorme mais il n’écrira son histoire que bien plus tard.
Jacques Dorme est un pilote français, à l’époque de la seconde guerre mondiale; il passe par hasard par cette ville sibérienne et y rencontre Choura; ils s’aiment pendant une semaine puis il part pour des missions aériennes en Arctique.
La construction de ce roman est particulièrement intéressante: au début et durant quelques brefs chapitres, il n’est question que de Jacques Dorme; puis, le narrateur raconte son adolescence et comment il a connu l’existence de Jacques Dorme.
L’éducation française du narrateur menée par Choura progresse parallèlement à l’histoire du pilote. Nous retrouvons ici un thème déjà développé par Andreï Makine dans « Un testament français » et est à nouveau soulignée l’importance qu’a revêtu pour lui l’apprentissage de la langue française.
L’éducation du jeune garçon est jalonnée de héros issus des livres qu’il lit en Français et c’est à travers l’un d’eux qu’il découvre l’amour maternel. Il se fait une haute idée de la France, aussi sera-t-il parfois déçu quand, beaucoup plus tard, il découvrira la réalité des banlieues de ce pays.
Voilà les principaux thèmes; pour l’histoire, il faut la découvrir à travers ces belles pages dont voici un exemple:
 » Mon éducation française ressemblait à l’effort d’un paléontologue qui reconstitue un monde évanoui à partir d’un ossement. L’enfermement dans lequel vivait alors notre pays faisait de l’univers français un paysage aussi mystérieux que celui du crétacé ou du carbonifère. Chaque roman sur les rayonnages d’Alexandra devenait le vestige d’une civilisation disparue, voire extraterrestre, un fossile, une goutte d’ambre avec, en guise d’insecte emprisonné, un personnage, une ville française, un quartier de Paris. »

 

 

 

 

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