La souris bleue de Kate Atkinson

Le roman de Kate Atkinson commence par raconter trois faits criminels qui ont eu lieu dans le passé , jamais élucidés, les coupables jamais trouvés. Ces affaires ont été classées. Elles portent la mention  » antécédent ».
Le 1er de ces crimes a eu lieu en 1970 et le chapitre est titré  » Complot de famille ».
Rosemary est mère de famille, elle a 4 filles et un 5ème enfant s’annonce. Elle s’est mariée très tôt avec Victor, mathématicien bourru et secret. Elle ne s’occupe pas très bien de ses enfants mais voue un amour sans borne à Olivia, la petite dernière de 3 ans. Un soir, elle a permis à Olivia et à Amélia de dormir dans leur jardin, sous une tente. Au matin Olivia avait disparu et les recherches ne donnèrent rien, l’enfant avait disparu à tout jamais.


Le 2ème fait criminel a eu lieu en 1994 et le chapitre s’intitule: » Une journée ordinaire ».
Théo est avocat. Il a perdu sa femme et a 2 filles. Son aînée a vite quitté le foyer mais la cadette, Clara, est restée avec son père; elle vient de terminer ses études secondaires.
Clara est la raison de vivre de Théo; quant à elle, c’est une fille sérieuse et affectueuse.
Elle a décidé de travailler pendant l’été avant de commencer des études universitaires.
Son père lui a proposé un emploi dans son cabinet d’avocats et elle a accepté pour lui faire plaisir. Le matin où elle commence, son père est absent. Au milieu de la matinée, un homme fait irruption dans le cabinet en demandant Théo; il est vêtu d’un polo de golf jaune, il a l’air fou, il brandit un couteau. Clara se trouve sur son chemin, il la tue. Elle aura perdu tout son sang quand l’ambulance arrivera. Le meurtrier s’est enfui, on ne l’a jamais retrouvé.
Le 3ème crime a été perpétré en 1979 et le chapitre a pour titre:  » Tout par devoir, rien par amour ». On y voit Michelle, mariée trop jeune avec Keith parce qu’elle était enceinte, s’occupant d’une ferme et de ses terres. Elle n’aime ni son bébé ni la vie qu’elle mène.
Elle regrette d’avoir interrompu ses études, aussi se lève-t-elle de plus en plus tôt afin d’étudier et de passer des examens. Est-ce parce qu’elle ne dort pas assez ou parce qu’elle vient d’un foyer défavorisé ( son père boit) qu’elle se met en colère ce jour-là, tellement en colère qu’elle tue Keith à coups de hache? Toujours est-il qu’elle confie son bébé à Shirley, sa sœur, avant d’être arrêtée.
Dans le chapitre suivant, on fait la connaissance de Jackson, personnage qui deviendra central; en effet, il a longtemps exercé la profession d’inspecteur de police avant d’opter pour celle de détective privé. On est en 2004 et il va avoir affaire à toutes les familles au sein desquelles ont eu lieu les drames précités. Les 15 chapitres suivants racontent les enquêtes qu’il mène pour tenter d’élucider les faits criminels qui ne l’ont jamais été.
Amélia et Julia ont, par exemple retrouvé, à la mort de leur père Victor, la souris bleue qu’Olivia tenait dans ses bras au moment de sa disparition. Théo vit dans le souvenir de sa fille assassinée. Il se lie d’amitié avec Marlée, la fille de Jackson; un peu plus tard il recueille une jeune SDF prénommée Lily-Rose. Cette fille défavorisée a une mère qui a assassiné son mari, soit le père de Lily-Rose. Et puis il y a Caroline, mariée à Jonathan et vivant dans un petit village. Elle est enseignante. Son problème ? Elle n’aime pas les deux enfants que Jonathan a eu d’un premier mariage; de plus, le révérend John Burton ne lui est pas indifférent.
Plus tard dans le roman nous apprenons que Jackson a eu son lot de tragédies: sa sœur a été assassinée et son père s’est suicidé peu après. Il est donc la personne rêvée pour s’occuper de ceux qui ont perdu quelqu’un, assassiné ou disparu. Les liens entre toutes ces personnes vont devenir multiples tandis que progressent les recherches de Jackson.
A la fin ces mystères seront élucidés, les meurtriers connus dans 3 chapitres reprenant les titres des 3 premiers. La structure paraît complexe, à première vue, mais le cheminement est parfaitement logique, jusqu’au dénouement; et c’est à la toute fin du roman qu’on comprend les titres des chapitres.
L’intrigue policière se double d’une peinture de la société anglaise, l’action se déroulant à Cambridge et aux alentours; on voit par exemple des intellectuels, parce qu’il ont une légère couche de culture, mépriser ceux qui n’ont eu ni instruction ni éducation. Mais on voit aussi ces mêmes intellectuels, sous l’empire de la colère, adopter un vocabulaire de charretier. Il y a aussi la peinture de la célibataire frustrée, Amélia, et celle de la femme libérée, Julia. On l’aura compris, nous avons ici un peu plus qu’un roman policier.
Sans compter le ton, d’un humour un peu grinçant.

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