La porte de Magda Szabo

Dans ce récit, le narrateur et l’auteur, Magda Szabo, se confondent car celle qui raconte est écrivain et se prénomme Magda.
L’histoire se passe en Hongrie. L’écrivain a été contrainte au silence pendant une longue période, celle du communisme, mais maintenant que les temps et la politique ont changé, non seulement elle peut publier mais elle est sollicitée de toutes parts. Elle a tant de travail qu’elle n’a plus le temps de s’occuper de sa maison, aussi cherche-t-elle une femme de ménage. On lui conseille Emérence, une vieille femme qui travaille déjà dans le quartier.
Elle est connue pour la qualité de son travail et pour sa générosité.

Mais Emérence est une femme surprenante: elle ne travaille que pour des gens qu’elle estime et, en fait, elle inverse les rôles en demandant leurs références à ses futurs employeurs. Or, elle n’a aucune estime pour leur profession: ils sont écrivains tous les deux. Emérence trouve que ce n’est pas un travail, tout au plus une occupation de fainéants. Elle méprise tout travail intellectuel, elle qui sait à peine lire et qui a toujours refusé d’être instruite.
Le personnage principal est donc Emérence, avec son passé dont elle ne parle pas mais qu’on devine aventureux, ses mystères que personne ne réussit à percer De plus, dés le premier chapitre la narratrice a annoncé qu’elle avait tué Emérence sans que l’on sache si elle emploie le verbe tuer au sens propre; néanmoins cela fait un mystère de plus à élucider.
L’écrivain et l’employée de maison n’ont rien en commun sinon qu’elles viennent de la même province mais Emérence n’a conservé aucun lien avec son lieu d’origine.
Non seulement elles n’ont rien en commun, mais elles ne s’entendent pas, la vieille femme faisant preuve d’une agressivité peu commune envers Magda..Le chien de l’écrivain devient le chien de la femme de ménage qui vient travailler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit car elle occupe également les fonctions de concierge et, à ce titre balaie les feuilles mortes ou la neige devant les maisons du quartier.
L’histoire est celle du lent apprivoisement d’Emérence par l’écrivain, de la pénétration progressive des mystères de la vieille femme jusqu’à leur dévoilement tragique.
Les rapports entre Magda et Emérence demeureront très conflictuels, pourtant cette violence cache un attachement profond, un amour muet.
C’est une histoire étrange, difficilement racontable; l’atmosphère du récit est également curieuse: c’est celle des années de communisme dont sort à peine le pays au moment où l’action se noue. C’est la solidarité des gens à l’intérieur d’un quartier, personnifiée par Emérence portant dans son plat de marraine un bouillon ou un autre mets à tel ou telle parce qu’ il ou elle est malade ou n’a pas de quoi se nourrir.
C’est une histoire dense, originale et émouvante.

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