Kamel Daoud et Rachid Boudjedra

J’ai été surprise de constater les critiques virulentes de Rachid Boudjedra à l’encontre de son compatriote Kamel Daoud. Il m’a semblé qu’ils n’étaient pas si éloignés l’un de l’autre et qu’on pouvait établir des parallèles entre les thèmes développés dans leurs œuvres romanesques.

Daoud a publié en 2014 un roman fort remarqué intitulé « Meursault, contre-enquête » qui a obtenu le prix Goncourt du premier roman.
Dans ce roman, Haroun, le narrateur, parle à un interlocuteur qui n’est pas nommé et qu’on ne voit pas, tout comme le Clamence de « La chute » de Camus. Il raconte son drame familial : son frère Moussa a été tué par un Français, sur une plage et le fait qu’on n’ait pas retrouvé sa dépouille a empêché la famille de faire son deuil.
Moussa est «l’Arabe » tué par Meursault dans « L’étranger » de Camus.
Longtemps il est resté anonyme dans ce premier roman de Camus ; désormais, grâce à Daoud, il est nommé, il a une histoire, il a existé. Dès lors on voit les deux fictions s’entrelacer au point que, pour comprendre le texte de Daoud, il faut relire le roman de Camus.
On constate alors…

Pour lire la suite, cliquez ICI

Les poissons ne ferment pas les yeux

Erri De Luca

Erri De Luca est né en 1950 à Naples. Il a été ouvrier pendant 18 ans et a publié ses premiers écrits en 1989 (« Une fois, un jour » 1992 pour l’édition française). Depuis, il a beaucoup publié et obtenu en 2002 le prix Fémina Etranger pour Montédidio ; il a aussi écrit des nouvelles et des recueils de poèmes.
Son amour pour la montagne ( il a pratiqué l’alpinisme jusqu’à ce qu’un infarctus lui interdise les courses) lui a inspiré « Le poids du papillon » publié par Gallimard en 2011, dont Bernard Pivot dit qu’ il pèse peu dans la main et beaucoup dans le cœur et la mémoire.
Je dirai la même chose de ce petit roman autobiographique qui compte 129 pages et doit se lire lentement pour être pleinement apprécié.
Il a été publié chez Gallimard en 2013 pour la traduction française.

Lire la suite de mon étude →

Les fainéants dans la vallée fertile

d’Albert Cossery

C’est un écrivain égyptien francophone.
Sa première œuvre romanesque publiée en 1941 s’intitulait « Les hommes oubliés de Dieu ». En 1955 « Mendiants et orgueilleux » a fait partie de la liste des favoris pour le Goncourt.
Il a écrit 8 romans, le dernier, paru en 1999 avait pour titre « Les couleurs de l’infâmie ».
« Les fainéants dans la vallée fertile »fut publié par Robert Laffont en 1964, puis en 1999 par Joëlle Losfeld.
Des fainéants, il y en a partout dans l’œuvre de Cossery mais, dans ce roman, la fainéantise devient un idéal de vie.

Lire la suite de mon étude →